Un petit pas pour Thibaut, un grand pas pour la science…

Vendredi 4 octobre, Thibault, un jeune tétraplégique a remarché pour la première fois grâce à un exosquelette qu’il dirigeait par sa pensée.

Les exosquelettes sont des appareils motorisés fixés sur une ou plusieurs parties du corps humain qui peuvent permettre de lui redonner sa mobilité. L’idée est ancienne, mais elle s’est grandement développés depuis les années 1950. Les exosquelettes sont désormais utilisés dans le domaine médical, militaire ou industriel et sont en constant progrès. En effet les salons d’innovation scientifique regorgent depuis 2010 de ces prototypes toujours plus évolués et les chercheurs ne cessent de faire de nouvelles découvertes. Depuis quelques années une idée digne des films de science fiction a germé dans l’esprit d’une équipe de chercheurs du CEA. Ils se sont alors lancé dans un projet futuriste qui a porté ses fruits le mois dernier : un tétraplégique a réussi à commander un exosquelette par la pensée.

Une véritable renaissance

Thibault, 28 ans, qui n’avait pas marché depuis 4 ans, s’est relevé grâce à ce dispositif révolutionnaire. “Ça a changé ma vie. Ça a été un peu comme être le premier homme sur la Lune” a t-il déclaré lors d’une conférence de presse. Une belle comparaison qui mérite d’être retenue ! Effectivement, immobilisé dans un lit depuis un accident, ce progrès scientifique est pour lui une des seules chances de marcher à nouveau. Mais ce succès est limité, l’exosquelette qui est certes très développé, mais il faudra encore du temps notamment pour améliorer l’équilibre du prototype. Néanmoins, après des années de recherches et de travail acharné, l’équipe du laboratoire grenoblois est fière du résultat. En effet cette conception marque une avancée considérable dans l’histoire de la science médicale.

Électrodes et algorithmes

Mais comment fonctionne cette invention ? Tout d’abord des électrodes ont été implanté en 2017 de part et d’autre du crâne du patient qui pendant deux ans s’est entraîné sur simulateur. Le jeune lyonnais explique qu’il a dû réapprendre petit à petit à envoyer les bons ordres pour réussir à commander les membres de son avatar virtuel. Le dispositif, baptisé Wimagine capte les signaux émis par le cortex sensori-moteur de Thibaut et transmet l’information à un ordinateur qui l’interprète grâce à un algorithme pour finalement diriger le simulateur ou l’exosquelette. Ce projet n’aurait pas été possible sans les gigantesques progrès qui ont été réalisés dans le domaine des intelligences artificielles. Effectivement, lors des entrainement de Thibault le programme a “appris” à comprendre les signaux du cerveau. 

Cette invention est donc révolutionnaire bien qu’elle conserve quelques failles. Avant de voir l’exosquelette dirigé  par la pensée utilisé au quotidien et à grande échelle, il va falloir attendre un peu. Les scientifiques ne peuvent pas encore garantir que l’implant est réellement sans danger pour le patient et si cette invention est un jour commercialisée elle risque de n’être accessible qu’à une minorité très aisée. Enfin nous devons garder à l’esprit que cet exosquelette ne soigne pas mais tente seulement de rendre une relative autonomie aux tétraplégiques. Le dispositif Wimagine offre cependant une grande variété d’autres utilisations possibles vers un avenir toujours plus connecté. En attendant le Professeur Benabid réalisera de nouveaux implants avant la fin de l’année.

Chloé et Constance